Elections américaines : la Californie dénonce l'élevage en cage !
Au lendemain des élections présidentielles, un autre résultat spectaculaire et historique fait la une des journaux californiens : une importante proposition de loi de protection des animaux de ferme – prévoyant l'amélioration des pires systèmes d'élevage en cages - a remporté plus de 60% des suffrages exprimés par référendum. Cette proposition prévoit que les possibilités de confinement des animaux de ferme soit limitées aux systèmes permettant aux animaux de pouvoir se coucher, se tenir debout, se retourner et étendre leurs membres.
Par ce vote historique, la Californie devient le premier état a dénoncer l'élevage des poules en cages de batterie. En effet, plus de 95 % des œufs produits aux Etats-Unis proviennent d'élevages intensifs, où les poules vivent suspendues dans des galeries de cages, claustrées à vie sur une surface plus petite qu'une feuille de papier A4. Au 1er janvier 2015, toutes les installations californiennes devront être adaptées, améliorant considérablement les vies des 19 millions d'oiseaux élevés chaque année dans cet état.
L'élevage des truies gestantes en cages, ainsi que la contention des veaux en boxes individuels, attachés par le cou et incapables d'étendre les membres ou de se retourner, se voient également proscrit par cette loi historique, qui exprime avec force les inquiétudes d'une majorité de citoyens à l'égard des conditions ordinaires d'élevage des animaux de ferme.
Les consommateurs européens rejettent la viande d'animaux clonés
Près de 6 européens sur 10 (58%) estiment que le clonage d'animaux pour la consommation ne doit pas être justifiée. C'est le résultat d'une récente enquête de l'Eurobaromètre commanditée par la Commission européenne pour l'aider dans sa décision à autoriser ou limiter la pratique du clonage, et menée auprès de 25 000 européens en juillet dernier.
Fortes de ces résultats, de nombreuses associations de protection animale demandent expressément à la Commission d'interdire le clonage d'animaux pour la consommation, en raison des souffrances induites par cette technique, et d'interdire aussi l'importation de produits d'animaux clonés. En effet, les animaux clonés sont susceptibles de mourir prématurément, de souffrir de malformations ou de déficiences respiratoires, cardiaques, etc. L'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a également émis de sérieuses réserves sur l'impact du clonage sur le bien-être des animaux.
La PMAF rappelle également que, selon la directive européenne concernant la protection des animaux dans les élevages, « les méthodes d'élevage naturelles ou artificielles qui causent ou sont susceptibles de causer des souffrances ou des dommages aux animaux concernés ne doivent pas être pratiquées ».
La Commission européenne renforce la protection animale en abattoirs
Chaque année, près de 360 millions de porcs, moutons, chèvres et bovins et plus de 4 milliards d'oiseaux de chair sont abattus pour l'alimentation au sein de l'Union européenne.
La Commission européenne travaille actuellement sur une proposition de règlement relatif à la protection animale en abattoirs, destinée à remplacer la directive 93/119/CE de 1993.
En effet, le constat d'une mise en œuvre inégale de la réglementation actuelle entre les Etats membres, et d'insuffisances dans la prise en charge des animaux (équipements obsolètes, inefficacité de certaines pratiques d'étourdissement, mauvaise supervision, etc.) a amené la Commission à revoir les règles de protection des animaux à l'abattoir. Se basant sur les recommandations de l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), la proposition de la Commission vise principalement à accentuer les contrôles, prévenir les abus et étendre les responsabilités des personnels d'abattoir.
La PMAF regrette que soit maintenue la possibilité de déroger à l'étourdissement obligatoire des animaux dans le cadre de l'abattage rituel, ainsi que d'autres pratiques causant préjudice au bien-être animal, comme l'accrochage par les pattes d'oiseaux conscients sur les lignes d'abattage. En vue de l'adoption du texte définitif qui verra le jour en 2009, l'association agit de concert avec les organisations de protection animale européennes afin de renforcer le contenu des dispositions du règlement.
Castration des porcelets : Aldi et Lidl mettent de l'éthique dans le discount néerlandais
Aldi et Lidl prennent le bien-être animal au sérieux : les deux chaînes de distribution « hard-discount » ont décidé de ne plus vendre de viande de porcs castrés dans leurs supermarchés aux Pays-Bas à partir du 1er janvier prochain.
Habituellement pratiquée à vif - au scalpel ou à la pince - sur les porcelets mâles dans presque toute l'Europe, la castration est l'objet d'un vaste débat public aux Pays-Bas. Il a déjà conduit l'ensemble des supermarchés néerlandais à s'accorder pour cesser la commercialisation de viande de porcs castrés sans anesthésie à partir de mars 2009. En décidant d'anticiper cette échéance, et de refuser toute viande de porc castré - même avec anesthésie - les deux discounters allemands créent l'événement. Ils prennent également de court leurs concurrents dans un marché en pleine mutation, où la question des conditions d'élevage des animaux intéresse et inquiète de plus en plus les consommateurs.
Dans ce contexte, la PMAF a apporte sa collaboration au projet européen Pigcas. Ce dernier a pour objectif de fournir des informations sur les conséquences pour le bien-être animal de la castration chirurgicale des porcs, en étudiant notamment les pratiques en vigueur dans l'UE, l'attitude des parties prenantes face à ces pratiques et les solutions envisageables pour remplacer les interventions chirurgicales actuelles.
Plus d'infos sur : http://www.rennes.inra.fr/pigcas/index.htm